Prélude à l'après-midi d'un faune est un poème symphonique Claude Debussy en 1894. Elle est considérée comme la première grande œuvre du XXème siècle, celle qui tourna une page dans l'histoire de la musique classique.

Présentation[modifier | modifier le wikicode]

Ce Prélude est l'une des œuvres les plus connues de Claude Debussy, fleuron de la musique impressionniste. Illustration du poème L'Après-midi d'un faune de Stéphane Mallarmé, ce poème symphonique dépeint les désirs et les rêves d'un faune dans la chaleur d'un après-midi. Ce faune, las de poursuivre la fuite peureuse des nymphes et des naïades, se laisse ensuite aller au soleil enivrant, rempli de songes enfin réalisés, de possession totale dans l'universelle nature.

L'œuvre est créée à Paris le 22 décembre 1894 par l'orchestre de la société nationale de musique et le flûtiste Georges Barrère, sous la baguette du suisse Gustave Doret. Le prélude sera par la suite l’une des chorégraphies dansées par Nijinski et les Ballets Russes.

Instrumentation[modifier | modifier le wikicode]

Bois
Cuivres
Percussions
Cordes

Structure[modifier | modifier le wikicode]

  • Indications métronomiques : Très modéré

    Thème principal de la flûte traversière soliste, au début du Prélude à l'Après-midi d'un faune de Claude Debussy.

  • Indications métriques : ternaire (6/8, 9/8, 12/8)
  • Tonalité : Mi Majeur (armure)

L'œuvre compte 110 mesures, afin de correspondre aux 110 alexandrins que comporte le poème de Mallarmé.

La pièce peut être découpée en trois grandes parties qui seront dénommées A, B et A'. Le mouvement est crescendo entre A et B puis decrescendo de B vers le retour au thème initial A'. La partie B est le kleimax de l'œuvre.

A : Thème 1 et quatre variations, Thème 2 (mes. 1-54)
B : Thème 3 (mes. 55-78)
A' : Thème 1 et quatre variations, Coda (mes. 79-110)

Le premier thème entendu (thème 1), communément appelé « thème du faune », est une ondulation chromatique exposée à la flûte solo. La désinence du thème du faune et le contraste expressif de la première partie grâce à ses intervalles disjoints, présente un caractère conclusif. Toutes les variations de ce premier thème font figure de variations libres, rhapsodiques, toujours exposées à la flûte. La seconde partie de ce thème 1 est plus référencée à la tonalité puisque en partie construite autour de l’accord parfait majeur de mi, tonalité désignée par l’armure. Un second élément thématique apparaît ensuite et se différencie de ce qui précède. Il est pour la première fois exposé à un autre instrument que la flûte : le hautbois. Il offre un contour mélodique plus saillant, diatonique, en contraste avec la fluidité chromatique du thème du faune. Son entrée respecte la relation harmonique I-V que l’on trouve dans les formes bi-thématiques comme la sonate. Il est en effet exposé sur une harmonie de dominante de mi. Ce thème se développe en un jaillissement ininterrompu, comme s’il se propulsait lui-même. Cette énergie entraîne une animation du tempo, nous conduit vers un parcours modulant, au point de balayer au chiffre 5 l’armure écrite de mi majeur et la notion de carrure. Ce thème n’a pas d’histoire dans l’œuvre puisqu’il n’est jamais réexposé. À la mesure 55, mesure centrale de la pièce, arrive un tutti qui annonce le troisième thème.

Enfin, à la coda, une ultime évocation du thème, dont la première partie est orchestrée et harmonisée note à note aux deux cors et aux violons. La seconde partie, comme au début, est réduite à quatre notes et traitée en augmentation. Elle semble s’évaporer au son des cymbales antiques et de leur résonance aiguë.

Autres versions[modifier | modifier le wikicode]

Enregistrements notables[modifier | modifier le wikicode]

Utilisations dans la culture[modifier | modifier le wikicode]

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